Mathieu Latulippe

Mémoire d'éléphant

2016

 

Matériaux mixtes

 

Une ambiance post-apocalyptique a pris d’assaut une planète s’apparentant à Mars. Il semblerait que les humains ont disparu, laissant derrière eux des bunkers ayant possiblement manqué à leur fonction d’assurer la survie des individus. Les pièces souterraines qui autrefois servaient à combler l’absence d’un environnement terrestre, qu’il soit naturel ou bâti, sont en proie à l’abandon, dans un monde devenu plus sauvage. Pourtant, dans ce règne du simulacre, on peut se demander s’il s’agit réellement d’un nouvel écosystème, et si ses composantes ne sont pas elles-mêmes des artifices. La fuite de la réalité s’immisce ainsi dans l’œuvre, à travers des composantes plus évidentes, telle la fusée en quête d’une nouvelle terre habitable, mais aussi  de manière plus implicite, notamment en ce que suppose le choix même de construire un bunker. Selon l’artiste, ce choix est en partie dirigé vers une volonté de contrôle, par le recours à un miroir de la réalité fabriqué de toutes pièces. Certes la logique initiale du bunker implique l’éventualité d’une catastrophe, mais elle est également guidée par la peur démesurée de l’inconnu. Par extension, elle engage un repli sur soi, détaché de la collectivité, voire de la nature humaine.

 

L’usage de maquettes, fréquent dans le travail de Mathieu Latulippe, permet à l’artiste de suggérer des pistes narratives qui questionnent la perception du monde selon différents schémas psychosociaux, en particulier l’identité nord-américaine. Mémoire d’éléphant agit ainsi comme fiction à interprétation ouverte, interrogeant au passage l’idée de la fuite du monde, et plus largement la tendance des humains à répéter les erreurs du passé, au présent ou dans un futur éloigné. 

 

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